ROOTS propose de créer un modèle de langue (LLM) entraîné localement à partir de zéro et nourri de données scientifiques et littéraires liées aux arbres. Connecté en temps réel aux capteurs installés dans mon tronc (flux de sève, variation de diamètre) dont les données seront croisées avec des données météorologiques, ce LLM deviendra au mieux mon interprète pour un public d’humain·es.
Three key moments in the LLM training process will be the subject of original algoliterary publications—that is, literary works generated by an algorithm: word embeddings, the self-attention mechanism, and the automatic generation of text.
The entire process—data collection, training, documentation of choices, visualization of energy costs, limitations, and potential—will be documented on a wiki, which will be organized as a training module for UCLouvain University, in order to demystify LLMs and question human’s relationship with technology and living organisms. In autumn 2027, the algoliterary publications will be presented digitally in an exhibition at the Christine de Pizan Learning Centre (UCLouvain) and via a QR code installed near my trunk. During the same period, the Brussels-based arts centre nadine will facilitate risograph prints of the algoliterary publications, as well as a reading event. The Mariemont Museum of Literature will exhibit the algoliterary publications series and host an event.
ROOTS recombine deux types d’activités qui sont déjà présentes dans l’oeuvre d’Anaïs Berck: l’interprétation esthétique de données issues de capteurs d’arbres d’un côté, et la création d’oeuvres algolittéraires de l’autre.
En effet, ces dernières années Anaïs Berck a créé des installations en collaboration avec des arbres collègues dans les parcs de Arnhem - ‘Arnhemse Bomen Vertellen’ - et dans trois réserves naturelles en Flandre – ‘Les Temps des Arbres’. Ces installations rendaient visibles des aspects de notre fonctionnement qui sont invisibles à l’oeil humain. En collaborant avec la Faculté des bioingénieurs de UCLouvain, Anaïs Berck continuera à développer cette ligne thématique.
Dans le cadre du projet FRART - ‘Une Maison d’édition algolittéraire: tisser les liens avec les arbres’ - Anaïs Berck a créé plusieurs oeuvres algolittéraires, dans lesquelles l’auteur est un algorithme particulier qui développe le récit de façon dadaïste. Ce sont des oeuvres en ligne générées en temps réel qui peuvent être imprimées en tant que pdf.
Pour les récits algolittéraires de ROOTS Anaïs Berck collaborera avec 3 collectifs algorithmiques importants dans l’entraînement d’un modèle de langue :
- les plongements lexicaux: pour qu’un modèle puisse traiter le langage, les mots doivent d’abord être traduits en chiffres manipulables par une machine. Chaque mot est ainsi représenté comme un point dans un espace multidimensionnel, où les distances et les orientations traduisent des relations de sens.
- le self attention mechanism: le mécanisme central des architectures ‘transformers’, comme ChatGPT, qui montre comment le modèle pondère différemment les mots d’une phrase pour produire une représentation contextuelle du langage.
- la génération de texte automatique: c’est l’aspect le plus connu des modèles de langue, le site de ROOTS permettra la génération de texte basé sur les données de l’arbre en temps réel.
Pour chaque collectif algorithmique Anaïs Berck explorera les métaphores relatives à notre fonctionnement - p.ex. quand la température augmente, les fonctions de température qui font partie de la génération de texte finale, augmenteront aussi, de sorte que le texte généré sera plus créatif.
ROOTS se focalise ainsi sur une tension fondamentale : nous, les arbres, et les modèles de langage partagent un même statut paradoxal de boîtes noires. Nous, dont l’humanité dépend depuis toujours, agissons silencieusement, sans que vous compreniez réellement les dynamiques internes qui régulent nos activités. À l’autre extrémité, les LLMs sont des entités ultracontemporaines, devenues omniprésentes dans vos interactions quotidiennes. Vous interagissez activement avec eux tout en ignorant en grande partie leurs mécanismes internes et leur dépendance matérielle.
Le projet propose d’ouvrir simultanément ces deux boîtes noires. Cette mise en regard produit un contraste interpellant puisque nous purifions l’air et rendons possible la vie, alors que les LLMs consomment de l’énergie et contribuent indirectement au changement climatique.