L’IA repose sur une géographie concrète, mettant des territoires au service du calcul, selon une logique de comptoirs
L’IA repose sur une géographie concrète, mettant des territoires au service du calcul, selon une logique de comptoirs
Joseph Bohbot, Le Monde
2 extraits
Le capitalisme de données ne supprime pas l’espace, mais il le spécialise et l’organise à travers une série d’infrastructures physiques.” […] “Les comptoirs se développent aussi en France, aux portes de Paris, notamment en Seine-Saint-Denis, où le nombre de data centers ne cesse de croître. Ces bâtiments branchés au monde, consommateurs d’espace – une ressource rare dans la petite couronne – et d’énergie incarnent un effet d’enclave, avec des retombées économiques faibles pour le département le plus pauvre de France métropolitaine. Ces comptoirs du calcul permettent la mise en données des comportements humains, ce qui constitue l’autre forme d’extractivisme de l’intelligence artificielle.
Plus notre vie se numérise, plus les infrastructures physiques capables d’absorber cette masse de données se multiplient. La donnée n’est pas l’envers immatériel de l’infrastructure, elle en est l’un des moteurs.